Le roi de la fête
Tous les coups sont permis lorsqu’il s’agit d’assembler un solide vestiaire pour les fêtes. Cette saison, n’hésitez pas à jouer la carte festive, avec des mocassins en velours, une cravate en tartan ou des chaussettes ornées de rennesCela arrive aux meilleurs d’entre nous.
Un homme — appelons-le Nick — reçut une invitation pour un dîner de fête, deux jours seulement avant la soirée. C’était un homme de goût, mais il n’avait rien d’approprié à se mettre. On l’avait averti que ses hôtes accordaient une très, très grande importance au style vestimentaire. Il se rendit donc à la friperie la plus proche et y trouva une veste de smoking noire dont la coupe n’était pas parfaite, mais qui lui allait quand même assez bien. Il n’avait pas beaucoup de temps, mais il était déterminé. Il décida de retailler la veste lui-même et de reprendre les coutures de 5 cm. C’est ainsi que le jour du dîner, il se retrouva dans son appartement faiblement éclairé, à repasser l’avant de la veste à la vapeur (pour aplatir les coutures) pour ensuite en recoudre le dos (pour l’ajuster). Par miracle, cela fonctionna parfaitement. Seul problème : il n’avait pas remarqué qu’il avait utilisé du fil marron alors que la veste était noire. Oups ! Qu’à cela ne tienne, un marqueur noir allait arranger l’affaire. Une heure avant le dîner, il avait une veste à la coupe presque parfaite, avec des coutures noircies d’encre que seul un observateur très attentif serait capable de remarquer.
Cet homme, Nick Sullivan, est aujourd’hui le directeur mode d’Esquire, et il rie en racontant cette histoire— une « leçon désastreuse sur le manque de préparation ».
« Cela m’a appris deux choses », dit-il aujourd’hui. « Tout d’abord, il faut que les gens avec qui vous êtes vous mettent à l’aise. Si vous vous sentez mal à l’aise en leur compagnie, vous ne l’oublierez jamais. Deuxièmement : il ne faut jamais, jamais sortir sans être préparé. »
Et pourtant, on est souvent mal préparé pour les fêtes. Vous voyez un peu la situation ? Vous recevez une invitation à une fête, avec un dress code parfaitement clair (smoking, par exemple)... ou alors très vague. (« Festif et élégant » ? « Festif et créatif » ? Pas de code vestimentaire du tout ?) Le jour de la fête arrive et vous vous retrouvez à faire des compromis. Vous achetez quelque chose que vous aimez plus ou moins, mais qui ne vous plait pas vraiment. Ou alors vous achetez quelque chose qui vous plait vraiment, mais qui vous coûte beaucoup trop cher. Ou vous allez à la friperie du coin et vous sortez votre nécessaire de couture.
Il va sans dire qu’il y a de meilleures solutions. Sans qu’il soit nécessaire de faire des miracles de couture à la dernière minute, avec ou sans marqueur. Comme le suggère Sullivan, il faut se préparer à l’avance.
Selon ma propre expérience, et d’après les conversations que j’ai récemment eu avec quelques hommes très stylés (sans oublier M. Lauren, qui ne cesse de m’inspirer), je suis en mesure de faire quelques suggestions. Premièrement, ne pensez pas qu’une tenue de fête ne se porte qu’un ou deux mois par an. Si vous investissez avec sagesse vous la porterez un ou deux mois par an, mais pendant des décennies. Et à chaque fois que vous sortirez le pantalon à motif tartan, le smoking ou les mocassins, ce sera la fête.
À l’instar de toute relation à long terme, l’achat d’une tenue festive — qu’il s’agisse d’un pantalon en tartan ou d’une veste en velours — doit se faire avec sérieux et beaucoup de soin, et toute la bonne humeur qui caractérise la saison. Il vous faut une pièce inattendue, qui fonctionnera aussi bien en 2018 qu’en 2028. En règle générale : si c’est une tenue que vous pourriez porter tous les jours, elle n’est pas assez festive.
New York
C’est la période de l’année où vous voulez attirer l’attention, que ce soit auprès de vos collègues à la fête du bureau ou sur les photos publiées sur les réseaux sociaux.
« La bonne nouvelle, c’est qu’on est beaucoup plus libre aujourd’hui de porter ce que l’on veut en toutes occasions », dit Nick Wooster, consultant en design, dieu du style Instagram et homme qui sait mêler style traditionnel et touche personnelle. « C’est un problème pour les puristes ou ceux qui font très attention à ces détails. Mais on peut porter aujourd’hui des choses qu’il aurait été impensable de porter il y a 25 ans. »Son dressing comprend notamment des mocassins en velours et un kilt écossais qu’il possède depuis presque trente ans, même s’il reconnaît que ce n’est pas un look qui convient à tout le monde. « Je crois à ce vieil adage qui dit que si vous achetez la meilleure qualité que vous pouvez vous offrir, ou si vous restez fidèle aux grands classiques, vous ne serez jamais déçu », dit-il.
Si vous ne savez vraiment pas par où commencer, tournez-vous vers les classiques, qui sont par définition intemporels. À cette époque de l’année, cela pourrait être un pantalon de couleur chaude, rouge, par exemple, ou un tartan traditionnel. Le velours est très tendance. (Actuellement, ma pièce préférée est une veste de smoking en velours, que je peux porter pour une soirée formelle ou avec un jean, comme M. Lauren). Quant aux pulls, c’est toujours une bonne idée de faire preuve d’un peu d’originalité, tout en restant traditionnel. « Je miserais sur un look old-school comme un pull Fair Isle », dit Sullivan. « Ça serait quand même un peu de la triche », ajoute-t-il après un moment.
Vous êtes plutôt classique ? Pimentez votre look d’accessoires de saison, comme des chaussettes à motif renne ou une cravate tartan. Et n’oubliez pas le Polo Bear. J’ai une paire de chaussettes sur lesquelles l’ourson iconique sirote un martini, tout comme je l’ai souvent fait moi-même en portant ces chaussettes à de nombreuses fêtes. Après tout, si vous ne savez pas quoi porter à votre prochaine fiesta, soyez sûr que le Polo Bear, lui, ne sera jamais pris de court.
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